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 Les mulets a l' anglaise dans les ports

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Manni
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MessageSujet: Les mulets a l' anglaise dans les ports   Mer 3 Sep - 13:51

Un très vieil article du regretté Daniel Maury.
Pour ceux qui comme certains d' entre nous habitent le littoral...et pour les autres qui y prennent leurs vacances !





Le mulet est présent dans la plupart des ports. Poisson plutôt bagarreur, résistant et rusé, il implique d'affiner ses montages et de bien penser son amorçage, pour espérer de belles bourriches.











Je ne sais pas si vous  êtes comme moi,  mais il y a des pois­sons pour lesquels on éprouve une... sympathie particulière. C'est le cas, en ce qui me con­cerne, pour le mulet. Peut-être parce qu'il me rappelle les va­cances de ma jeunesse? Et puis, j'aime bien son côté malin, méfiant -un peu com­me le chevesne-, sa robuste santé car c'est un fameux ba­garreur, jamais rendu, jamais vaincu. Ce qui ne gâte rien, il est généralement très abon­dant là où il est présent. Enfin, il est passible de techniques de pêche différentes, toutes aussi amusantes.
Depuis quarante ans, j'ai pé­ché le mulet de toutes les fa­çons possibles, dans bien des eaux: au lancer en Loire ou en Garonne (cuiller+ver de mer), au coup à l'asticot dans les eaux de l'Adour et, bien sûr, en mer dans les ports ou les ca­naux maritimes de Bretagne, des Landes ou de Méditerranée. Et j'ai le sou­venir de fameuses bourriches. Quand je me pro­mène sur le quai d'un port, je m'é­tonne souvent de voir des pêcheurs qui, sous prétexte de pratiquer en eau salée, s'obli­gent à utiliser des triques à surf casting, des flotteurs à brochet ou en­core du 30/100, si ce n'est pas plus. Evidemment, ils ne prennent pas grand-chose: c'est que les poissons de mer -et tout spécialement le mulet- savent se montrer aussi méfiants que leurs cousins d'eau douce; ils s'accommodent mal de mon­tages grossiers. Pour pratiquer dans de telles conditions, il n'y a, pour moi, pas de discussion: la technique reine, c'est l'anglaise! Elle per­met effectivement de pêcher à toutes les distances, à toutes les profondeurs et suffisam­ment fin sans trop risquer la casse, grâce à la possibilité de «donner du fil» du moulinet.




L'amorçage
Hormis le matériel et les mon­tages, qui ont évidemment leur importance, la base de la réus­site, la clef du succès, comme en eau douce, c'est l'amorçage. Là encore, je vois souvent des pêcheurs arriver au bord de l'eau avec un (trop) petit seau d'amorce: aucune chance! Ils prendront peut-être deux ou trois poissons, mais rien de sé­rieux, pas de belles pêches en perspective. Pour le mulet, il faut la quantité: un bon «seau à veau» est un minimum à em­porter pour une partie de trois ou quatre heures. La technique ne consiste pas, comme on peut le faire en rivière, à amorcer lourd, à jeter quinze grosses boules au départ. Amorcer le mulet, c'est «peu à la fois, mais continuel­lement» comme on le fait en péchant l'ablette. Personnellement, je procède de la façon suivante: mon ma­tériel monté, je le mets de côté et je commence à lancer des pincées d'amorce à intervalles réguliers et rapprochés. Géné­ralement, quand l'eau est suf­fisamment claire, on voit rapi­dement des petits poissons venir «tourner» dans l'amorce. Et puis, au bout d'un temps, on aperçoit au-dessous des. petits mulets des sujets plus gros, qui commencent à être intéressés mais restent encore circonspects. Si l'on continue d'amorcer, toujours «léger», il arrive un moment... «psycho­logique» où l'excitation gagne les poissons: ils se mettent à tourner dans tous les sens, à se précipiter sur les parcelles d'amorce qui arrivent. C'est alors qu'il faut mettre la ligne; à l'eau, en ayant soin de rap­peler régulièrement, et sans; discontinuer pour, justement, maintenir l'état d'excitation.
L'amorce
J'aime quand mon amorce à mulet est «nuageante». éclate vite pour agir dans la couche supérieure de l'eau. De très bonnes amorces sont vendues dans le commerce. Toutes les grandes marques en proposent mais, compte tenu des quanti­tés que j'utilise, je «fabrique» la mienne: du pain moulu ou trempé et essoré, des poissons gras passés au moulin à viande (si on est bien avec un poisson­nier, on peut récupérer des déchets de maquereaux, sardines, thons, harengs... ),. et j'ajoute une bonne giclée d'huile de sardine achetée en bidon.







Les esches
J'en ai essayé pas mal: toutes marchent bien, mais avec des défauts. La pâte tient mal à l'hameçon; la gravette (la né­réide) en tronçons, la queue de crevette, le morceau de mèche de thon sont excellents... mais ont le tort de ne pas sélection­ner le mulet. Avec ces esches carnées, on est souvent embêté par des petites dorades, des bébés bars et autres poisson-nets qu'il est dommage d'abî­mer, et qu'il n'est évidemment pas question de conserver-fût-ce pour une friture- ce que ne se privent pourtant pas de faire certains vacan­ciers auxquels personne ne fait d'ailleurs le moindre re­proche. Finalement, je m'en tiens presque toujours au pain, et plus précisément au «pain Chaillou», qui tient à l'hame­çon si l'on a pris le soin de le préparer bien convenablement (lire le mode d'emploi). Il se suffit à lui-même... Mais j'ai l'habitude de tremper ma mèche de pain dans l'huile de sardine avant de la mettre à l'eau (ça ne peut pas nuire...).




Le matériel
En ce qui concerne la canne et le moulinet, rien de particulier: ceux que vous utiliserez en rivière pour le beau poisson conviennent parfaitement (une petite précaution : bien rincer à l'eau douce après usage !). Donc, un tambour fixe garni de 16/100 et une canne an­glaise de 13 pieds fait l'affaire. On peut aussi, bien sûr, utili­ser une canne bolognaise mais les cannes de ce type sont, à mon goût, un peu trop souples: ça n'engage que moi. Pour le montage de la ligne, voici ce que j'utilise: • Un flotteur coulissant à 2 points, préférable à mon avis au waggler qui se met moins vite en place et avec lequel il vaut mieux noyer la bannière, œ qui n'est pas facile quand on est en surplomb. Sa portance varie de 4 à 6g, suivant le courant: je sais, c'est très léger pour la mer, mais cela va suffire dans 90% des cas, et je ne vois pas la nécessité de pêcher avec un montage plus lourd comme c'est actuelle­ment la mode. J'utilise soit des plombs sphériques soit une olivette. Il est important que le flotteur soit assez bien équilibré : le mulet provoque souvent des touches très rapides, et il re­crache d'autant plus vite l'ha­meçon qu'il sent la résistance d'un flotteur sous-plombé. Il faut, de toute façon, s'attendre à des ferrages «dans le vide».







 • Des hameçons costauds, assez forts de fer: oubliez les fins de fer pour le ver de vase. Le plus souvent, j'utilise des n° 12 : c'est relativement petit mais cela convient bien à la bouche du mulet. Ces hame­çons sont montés sur des bas de ligne de 40 cm en 14/100.







• Une épuisette large et pro­fonde avec un manche le plus long possible, car on se trouve souvent en surplomb de l'eau. Quand on l'est vraiment trop, il y a toujours la solution d'uti­liser une balance lestée au bout d'une corde - c'est qu'es­sayer de monter en force un mulet de 2 ou 3 livres s'avère plutôt risqué...
 
• Une très grande bourriche, qui, elle aussi, doit être la plus longue possible. Vous pouvez éventuellement descendre au bout d'une corde (oui, je sais, en mer, on dit souvent un «bout»), de façon que les pois­sons soient bien immergés puisqu'ils sont destinés à retourner à l'eau.
A moins que vous ne vouliez en conserver un ou deux pour les consommer... mais les mu­lets de ports ne sont générale­ment pas fameux et ils ont sou­vent un fâcheux goût de... mazout. Et puis peu importe, on pêche pour le sport, et pas pour se nourrir!
 
Les marées
Bien que sans conviction ab­solue, parce que cela peut dé­pendre des endroits, la meil­leure période de pêche -pour les mers à marée, bien sûr- se situe souvent pendant les trois dernières heures du montant et la première heure du des­cendant. Il m'est arrivé de prendre pendant presque tout le descendant mais, dans beau­coup d'endroits, l'eau est à ce moment chargée d'herbes et de détritus divers rendant la pêche quasi impossible. Le mulet ne jouit pas d'une ré­putation prestigieuse, n'est pas un poisson «noble» comme le bar ou la dorade. Il est méprisé par certains, qui voient dans sa pêche une activité de vacancier désœuvré. Laissez dire. L’ essentiel est de prendre du plai­sir: si l'on «fait ce qu'il faut», on peut beaucoup s'amuser, et réaliser des bourriches pleines et lourdes. De temps en temps -ça défoule!
 
Daniel Maury

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éric
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MessageSujet: Re: Les mulets a l' anglaise dans les ports   Ven 5 Sep - 0:11

Sympas cet article .
Le mulet un un poisson taillé pour la bagarre ! Mais effectivement très méfiant .
Le port de Caen regorge de mulet ,mais il me semble que la pêche y est interdite...
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